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Zikomo Malawi !

Quand la lumière devient une promesse

En route…

À peine sortis de Lilongwe, la ville s’efface déjà derrière nous. La route, noyée dans une circulation dense, longe des marchés épars et la terre rouge caractéristique du Malawi. En janvier, saison humide, l’air se fait parfois lourd et les nuages sombres promettent des averses soudaines. Pour Evelina en mission pour la première fois, ce paysage est une découverte. Geneviève et Michaël, qui entament leur cinquième mission au Malawi, retrouvent quant à eux des scènes désormais familières. Au terme du trajet, l’école maternelle et primaire Saint Teresa nous attend : trois bâtiments — huit classes, une salle des professeurs, le bureau du directeur — et surtout plus de 300 élèves qui courent vers nous en agitant de grands signes de la main et en affichant de magnifiques sourires.

Un établissement plongé dans l’obscurité

L’école n’est pas raccordée au réseau électrique (ESCOM). Ici, la nuit tombe tôt, et l’obscurité interrompt les leçons, les réunions et les projets.

Nous sommes venus avec Energy Assistance asbl-vzw, soutenus par la Fondation ENGIE, pour y installer une solution solaire simple, robuste et durable.

Une mission préparée de longue date

Ce projet ne commence pas ce jour-là. Lors d’une mission précédente, une visite préparatoire avait permis d’anticiper chaque besoin : relevés techniques, contraintes, priorités. En amont, nous avons coordonné toutes les étapes via WhatsApp et e-mails, dans un flux continu d’échanges entre volontaires EA, bénéficiaires, fournisseurs et chef de projet.

Sur place, nous travaillons main dans la main avec Negawatt, un fournisseur local sélectionné parmi trois entreprises et que nous avions déjà rencontré lors d’une mission antérieure.

Cette continuité change tout : échanges fluides, décisions rapides, qualité d’exécution parfaite. Le modèle hybride — volontaires EA + entreprise locale — répond à nos objectifs : impliquer les volontaires sur le terrain et garantir la pérennité de l’installation grâce au suivi, à la maintenance et au service après‑vente assurés localement.

Le cœur du système prend forme

Sur le toit, entre deux averses, sont installés six panneaux photovoltaïques de 585 Wc (soit 3,51 kWc), reliés à un onduleur de 5 kW et à deux batteries de 100 Ah.
L’énergie produite alimentera l’éclairage des classes et des bureaux administratifs, ainsi que les prises de recharge. Et déjà, l’école imagine les prochaines étapes : un frigo, un ordinateur portable, du matériel vidéo — autant d’équipements qui transformeront la vie scolaire quotidienne.

À la fin des travaux, l’équipe Negawatt prend le temps d’expliquer à l’électricien de l’école les bases du système, les gestes de maintenance et la gestion des données à distance via une application mobile : production en temps réel, état des batteries, alertes de fonctionnement. Nous conseillons également l’équipe locale pour un suivi quotidien rigoureux de l’installation.

Le plus beau reste l’humain

Les rencontres avec les élèves et les enseignants donnent une profondeur inattendue aux kilowatts installés.
Voir la première ampoule s’allumer, entendre les exclamations des enfants et des enseignants, sentir ce mélange d’étonnement et de joie — c’est le moment où la technique s’efface, où l’électrification devient éducation.
Car l’enjeu est là : offrir un apprentissage prolongé, de meilleures conditions de travail, un établissement capable de tenir ses promesses.

En refermant le local technique, nous savons que l’essentiel est en place : le matériel, le savoir-faire, et surtout les liens humains qui assurent la pérennité du projet.
Ce n’est pas seulement une histoire de panneaux et de câbles : c’est l’histoire d’une équipe — volontaires EA, bénéficiaires, fournisseur local — qui a avancé ensemble.

En quittant l’école, un enfant nous lance : « Zikomo ». Merci.
Nous repartons avec la conviction que chaque rayon de soleil capté contribuera à éclairer un avenir plus prometteur.

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Mission réalisée par nos volontaires Evelina Kolatcheva, Geneviève Raoult et Michaël Di Marino, et soutenue par la Fondation ENGIE.